dimanche 23 mars 2025

The Big Chill - Lawrence Kasdan



Sept anciens élèves de l’Université du Michigan, que la vie avait éloignés, se réunissent, le temps d’un week-end, pour les obsèques de l’un d’entre eux, Alex, qui s’est suicidé.

Deuxième film réalisé par Lawrence Kasdan, The Big Chill est un bijou dans la filmographie d’un réalisateur également connu pour pour son travail de scénariste sur L’Empire contre-attaque, Les aventuriers de l’Arche perdue, Le retour du Jedi ou bien encore Bodyguard. Ce fameux « grand frisson » (traduction littérale mise de coté chez au profit d’un curieux Les copains d’abord) est celui qui lui a parcouru l’échine suite à des remarques et opinions émises par des jeunes cadres de studio pendant la production et le tournage de Body Heat/La fièvre au corps, son premier film.

Une question se posa alors à lui : Comment sa génération avec des idées et des rêves marqués peut-elle vivre à une époque où ceux-ci semblent perdus et où eux-mêmes semblent l’être ? De ce questionnement, Lawrence Kasdan et Barbara Benedek imagine un scénario décrivant les retrouvailles d’un groupe d’ami à l’occasion de la mort de l’un d’entre eux.




Lawrence Kasdan et ses acteurs

Bien que le sujet soit universel et intemporel, The Big Chill s’inscrit dans une époque précise qui en fait sa force et décuple réflexions et questionnements des protagonistes. En effet, étudiants dans les années 60 et militants pour un monde meilleur, ces jeunes idéalistes ont cédés la place à des adultes aisés devenus chef d’entreprise, médecins, journalistes, acteurs ou avocat avec tout ce que cela suppose de compromissions dans cet ère, jamais nommé, qu’on connait aujourd’hui sous celle des années Reagan. La mort de leur ami va alors être l’occasion de faire face à celle-ci, de se demander si tout cela en vaut la peine et de savoir comment continuer.

En faisant d’Alex un personnage invisible et à la motivation jamais connue, le film donne à ses protagonistes l’occasion d’en faire un miroir dans lequel chacun projette ses doutes, peurs et pensées. Dans The Big Chill, le vide est lui aussi un protagoniste. C’est la culpabilité des ces personnes qui se reprochent leurs éloignements d’un groupe qui représentait tout pour eux à une époque, et d’une personne dont ils ignoraient, au font, la puissance de son mal-être.





Décrit ainsi, The Big Chill pourrait passer pour un drame véritablement plombant. C’est tout l’inverse. Le film de Kasdan est un véritable baume au cœur qui aide à guérir les blessures car durant tout ce week-end duquel se déroule le film, c’est bien ce vide qui va être combler par ces amis qui se retrouve.

Projet peu supporté initialement par le studio, Kasdan fera de ses conditions de production une force. Désireux d’un faible nombre de jours de tournage, Columbia Pictures accepte toutefois un nombre exceptionnel de jours de répétition. C’est trois à quatre semaines durant lequel les acteurs et actrices travailleront et vivrons constamment ensemble créant de fait l’alchimie de groupe nécessaire à la crédibilité du film.

De fait l’aisance physique transparait dans chaque scène du film et l’espace individuel et de groupe (Kasdan désirait que son casting soit toujours présent même lors du tournage de scènes avec un ou deux personnages) raconte bien plus que les dialogues au demeurant de grandes qualités





Forcément, si la grande qualité du film découle d’un script soigné et d’une préproduction rigoureuse, elle est également le fruit d’un brillant casting. Chose d’autant plus inestimable à l’époque où les ensemble cast n’étaient pas trop en odeur de sainteté à Hollywood. Un casting composé de comédiens et comédiennes solides, ayant quelques films à leurs actifs, globalement peu connu jusque là mais dont beaucoup allaient devenir mondialement célèbres (le succès du film aux USA n’y étant d’ailleurs pas pour rien) :

Tom Berenger (Sam Weber), Glenn Close (Sarah Cooper), Jeff Goldblum (Michael Gold), William Hurt (Nick Carlton), Kevin Kline (Harold Cooper), Mary Kay Place (Meg Jones) et Jobeth Williams (Karen Bowens) composent le groupe d’ami auquel se joint Meg Tilly incarnant Chloé, la petite amie d’un Alex dont la figure hante tout le film. Pour ce dernier, Kasdan avait tourné une scène (un flashback montrant un diner de Thanksgiving du groupe dans les années 60) qu’il coupa au montage, faisant disparaître l’acteur du film, un certain Kevin Costner.





Dernier protagoniste mais non des moindres : la musique. Entièrement composée de chansons des années 60, elle illustre à la fois la nostalgie nécessaire du groupe dans ce moment dramatique, les moments de joie (la fameuse scène du diner sur Ain’t Too Proud to Beg) ou bien encore leur alchimie unique et qui se passe de parole (leurs sourires entendues quand arrivent les premières notes de You Can’t Always Get What You Want des Rolling Stones lors des funérailles)





The Big Chill est de ces films qui arrivent à nous faire rire d’un drame. Tel cet humour qui peut sortir de notre bouche tel un réflexe de défense (« I know this is hard but it’s all beautiful. Sarah : " Yeah we put on a great funeral here. », Michael : « Yeah, maybe I’ll have mine here. », « We give first priority to people who kill themselves in one of our bathrooms. »…« That was a terrible thing to say… I don’t know why I said that »). C’est la maladresse opportuniste de Michael, c’est la défiance face à l’autorité de Nick ou sa franchise (« The last time I spoke with Alex, we had a fight. I yelled at him. » Nick : « That’s probably why he killed himself »), c’est les retrouvailles de Karen et Sam qui n’ont jamais pu s’avouer vraiment leurs amours (« So how’s your life? », « How’s yours? », « Not so great. », « Ohhh, we’re telling the truth. »), c’est Chloé faisant son deuil à sa manière et observant d’un œil extérieur cette génération se posant beaucoup de question. C’est des multiples scénettes drôle, vannes et remarques qui fusent entres ces gens qui s’aiment. C’est enfin Meg qui veut un enfant et dont le désir sera comblé lors d’un acte d’amour aussi beau que surprenant.

(et qui, apparemment, fit beaucoup parler à son époque)





Des acteurs magnifiques, une écriture parfaite et une réalisation superbe du début à la fin. S’il y a une chose qui me fascine à chaque fois que je vois ce film (c’est à dire une fois par an) c’est toutes les émotions et les liens qui passent à travers les regards et les petits gestes sur laquelle la caméra ne s’attardent pas. Kasdan avait d’ailleurs fourni un deuxième script à ses acteurs dans lequel était raconté tout ce que faisaient leurs personnages en dehors des scènes tournées.

Ainsi dans la dernière scène du film, je reste toujours bouleversé quand, alors que tous les personnages sont présent et parlent, on aperçoit dans un coin Nick veinant poser ses mains sur les épaules de Sam. En quelques secondes et un regard, les deux se reconcilie sous nos yeux tandis que d’autres scénettes se déroulent aux même moments.

The Big Chill c’est enfin un des plus beau et des plus grand film sur cette incroyable force qu’est l’amitié dans tous ses aspects. Le mètre-étalon duquel tous ceux qui suivront devront se comparer.


Comédie dramatique
Long métrage américain
Ecrit par Lawrence Kasdan et Barbara Benedek
Réalisé par Lawrence Kasdan
Avec Tom Berenger, Glenn Close, Jeff Goldblum, William Hurt, Kevin Kline, Mary Kay Place, Meg Tilly et Jobeth Williams
Sortie le 30/09/83 (USA) et le 07/03/84 (France)




 

mercredi 1 janvier 2025

La Dernière Séance 2024 - Bilan

 


204 films, séries, documentaires vu ou revus avec quelques jeux dans le lots et sans compter les expositions


C’est peu ou prou la même chose que 2023 avec pourtant une grande différence qui m’a sauté aux yeux en préparant un Top 5 pour le travail. Je suis allé seulement neuf fois au cinéma pour voir un film qui venait de sortir en salle. Même pas un film par mois, je pense que j’ai jamais fait aussi peu. Mon bureau est situé juste en dessous de sept salles de ciné et pourtant j’ai vu moins de films actuels que beaucoup de copains. C’est même pas tant une question de proposition (parce que quand je vois tous les films que j’ai loupés et qui me font envie je me dis que j’avais de quoi remplir mon carnet de bal) qu’une question de motivation. Ca sera donc la grande résolution de 2025, aller voir un film actuel par semaine. Allez au moins trois par mois parce qu’il y a aussi les ressorties.





Haaaa les ressorties. Autant j’ai vu peu de film nouveau, autant je me suis fait plaisir à aller voir ou revoir des classiques sur grand écran : Phanthom of the paradise, Terminator, 2001, E.T, Total Recall, Shining, M le maudit, Robocop, Blood Simple, Batman, Batman Returns, Carrie au bal du diable, Retour vers le futur, Shaun of the dead, PlayTime, Fargo et j’en oublie sûrement un ou deux.


Quel plaisir que de voir en salle des films aussi bon et pour certains taillés pour ça. Quelque soit la qualité de votre installation personnelle, rien ne vaut l’expérience en salle. N’hésitez pas si vous pouvez le faire. Déjà ca aide les cinémas et en plus vous verrez vos films autrement. Pour ce début 2025 je vois déjà arriver des explosions atomique à Neo-Tokyo et Los Angeles, la vie d’un homme qui a toujours rêvé d’être un gangster, un film charnière d’un réalisateur néo-zélandais et un mois d’avril de fou avec Paris-Texas, Le limier, Blow-up et Blow out (grand merci à la Cinémathèque de Tours)


Niveau rétrospective à la maison cette année fut consacré à Rocky Balboa, Harry Callahan, Freddy Krueger ainsi que Sarah Connor et ses amis. Du grandiose, du très bon et du moins bon (voire du caca) dans tous ça.





Mais niveau rétro personnelle mortel il y eu surtout celle de Walter Hill allant de Hard Times jusqu’à Brewster's Millions. Un énorme plaisir (et des découvertes incroyables telles que Sans détour) en dehors du dernier (caca!). Je dois dire que je suis moins motivés pour la suite mais bon on va se donner une petite. L’autre grosse rétro fut celle consacré à l’univers Patlabor avec deux séries d’O.A.V. (Original Animation Video), une série télévisée et trois films d’animations. Une vaste galaxie pour un univers particulier et passionnant par sa richesse, son atmosphère et sa variété. Il est probable que j’en recause un peu dans le blog


Tiens en parlant de séries télés, l’autre gros morceau de mes séances depuis longtemps. 2024 fut l’occasion d’une nouvelle saison de The Bear (formidable bien que déséquilibré) et de Fargo (parfaite).


Au rayon « arrêté après quelques épisodes », j’ai tenté Schrinking (chiant), For all manking (et pourtant j’aurais aimé mais zzzzzzzzzzz), Hacks (aucun intérêt pour les personnages) et la suite de Frasier (étonnant non ?). Tant pis, après quelques épisodes sans jamais trouver un petit truc auquel s’accrocher pour continuer, c’est pas la peine de prolonger. Il faut savoir dire non à la drogue. Seul Only Murders in the building m’a fait tenir jusqu’à la fin de la saison mais sans envie de regarder la suite


Au rayon « content de te revoir » j’ai passé l’année avec Adrian Monk (qu’elle capacité à toujours se renouveler dans une forme pourtant jugée rigide), Leslie Knope (vive le service public), Frasier Crane (celui de Seatle, le seul, l’unique), Selina Meyer (la politique de moins en moins caricatural vu la réalité), Jerry Seinfeld (et je n’ai aucun problème avec ça), Eren Jäger (sublime œuvre qu’est L’attaque des Titans, dépassant de loin son postulat de base avec une maîtrise rarement vue) et le duo le plus célèbre du FBI : Fox Mulder et Dana Scully (incroyable comment X-Files prend une toute autre dimension aujourd’hui en plus de toutes ses autres qualités)





Deux séries que j’aime ce sont conclues cette année. La première est What we do in the Shadows. L’adaptation du film de Taika Waititi est devenue en six saison la meilleure comédie fantastique télévisuelle de ces dernières années avec des personnages haut en couleurs, des épisodes fantastiques et des idées au potentiels ravageurs tel que le vampire psychique, la descendance de Van Helsing ou bien encore le postulat voulant que les acteurs et actrices ayant joué des vampires sont en fait des véritables vampires donnant lieu à plein d’apparitions de guest-stars etc. La deuxième c’est Curb Your Enthusiasm, la série de et avec Larry David. Un chef d’œuvre de la comédie qui a vaille que vaille traversé presque 25 années. Une fin incroyable jouant, encore une fois, sur des mise en abymes redoutable.





Bon sinon le trio de tête de l’année : Ted Lasso, Ferrari et Anora

La première est une série en trois saisons aussi drôle que bouleversante, qui arrive à aborder intelligemment un paquet de sujet, qui s’offre des incartades poétiques par la force des aléas de la production et qui est incroyablement lumineuse tout en questionnant les aspects pervers de cette approche. Bref c’est un petit bijou. Le deuxième c’est la dernière claque du maitre Michael Mann, je vais pas en dire plus et juste vous conseiller d’écouter l’émission qu’on lui a consacrée. Je dirais juste qu’encore aujourd’hui je suis dégouté qu’il ne soit pas sorti au cinéma tant il doit prendre toute son ampleur sur grand écran. La dernière c’est Anora, le dernier film de Sean Baker, réalisateur américain dont je vous ordonne d’aller voir ses précédents films (Red Rocket, The Florida Project et Tangerine) et dont je vous suggère de guetter vos programmes parce que ses premiers films vont bientôt débouler en salle.





Et sinon en vrac :


  • Vu et découvert quelques heures avant d’écrire ces lignes => Cet été-là de Jim Rash et Nat Faxon. Quand les adolescents cons ne sont pas ceux qu’on pensent
  • Parce qu’avoir une manette entre les mains c’est bien => Vivre 2024 sur le canapé avec Star Wars (Jedi Survivors et Outlaw), Final Fantasy VII Rebirth, Horizon Zero Dawn, Assassin’s Creed Mirage, Ghost of Tushima et la trilogie Mass Effect
  • Ca fait bien peur et c’est français, oui messieurs => Vermines de Sébastien Vaniček
  • L’autre série feelgood => Schitt’s Creek de Dan et Eugene Levy
  • Inoue qui fait avec sa pièce maitresse, ce qu'Otomo avait fait avec la sienne. Une adaptation cinématographique qui s'éloigne de la fidélité narrative pour capturer une atmosphère et un mouvement => The first Slam Dunk c’est grandiose
  • - Continuons dans la famille « ils auraient été dans mon top 2023 si je les avaient vu cette année-là » => Godzilla Minus One, The Holdovers et Perfect Days
  • Loupé en 2024, heureusement ca ressort au ciné en début d’année, merci Télérama (hé ouais) => La zone d’intérêt, Flow et Le mal n’existe pas
  • Les belles surprises découvertes cette année => La mini-série Carol & the end of the World et son ode à la routine, le magnifique Sasquatch Sunset dont j’espère une exploitation en salle, le totalement juste Drinking Buddies et Le convoi sauvage de Richard C. Sarafian
  • Mais sinon en vrai, mon film préféré de l’année sort en blu-ray US début janvier pour les 50 ans de ce dont il parle. Franchement et encore plus que pour Ferrari, je suis dégoutté qu’il ne soit pas sorti en salle en France pour le moment.


Bon et pour 2025 ? Au moins un film par semaine on va essayer de s’y tenir, on réfléchit déjà à la Soirée de l’horreur de l’été prochain, ça fait des années que je n’attendais pas avec impatience un film et il n’y a que Superman pour y arriver enfin et surtout venez tous et tout le temps au ciné.




Contes de Chevet 2024 - Bilan

 


190 BD, romans et livres lus cette année et j'en oublie surement. 

C'est une soixantaine de plus que l’année dernière. Je n’atteins pas les chiffres d’il y a une dizaine d’année mais c’est pas mal du tout. Surtout qu’il y a 10 ans je lisais beaucoup pour écrire plein d’articles donc l’un dans l’autre c’est bien mieux aujourd’hui où je reste dans la lecture plaisir.


Je relis les envies que je m’étais fixés pour 2024 et comme souvent c’est du 50/50. Certains livres et BD sont encore sur la pile à lire et certaines relectures n’ont jamais démarrées. Coté positif : l’exploration du 87ème District est toujours en cours avec cette année huit romans lus. Mes préférés cette année sont Blood relatives et sa cruauté, Hail to the chief et sa narration originale et surtout Bread qui commence avec l'incompétence d'un flic qui ne veut pas enquêter sur un incendie (parce que tu comprends c'est les vacances) et qui se termine sur le le démantèlement d'un trafic de drogue avec des morts en pagaille. Mine de rien j’ai dépassés la moitié du grand œuvre de McBain et j’entame actuellement les histoires publiées au début des années 80.



Je pensais explorer les années 80 de Captain America et je m’en suis, pour l’heure, arrêté un peu après le numéro 300. On verra par la suite. Beaucoup de comics relus pour le podcast Le plein de Super (qu’il est bien à l’écouter) et parmi eux il y eu Planetary, New X-men, l’Arme-X, Daredevil de Frank Miller mais c’est surtout les X-Men de Chris Claremont et Marc Silvestri que les retrouvailles furent immenses.


Niveau relecture, d’autres beaucoup sont ressortis de la bibliothèque pour diverses raisons : Les Avengers de Jonathan Hickman pour faire suite à la lecture de ses Fantastic Four (couçi-couça), Litteul Kevin parce que Coyote manque, le manga Battle Royale après avoir lu le roman l’année précédente, Dragon Ball (sans me douter, comme beaucoup, que Toryama allait nous quitter cette année), Les vieux fourneaux juste avant la sortie du dernier tome, les X-men de Claremont et Romita Jr (qui donna lieu au seul billet de ce blog pour 2024) ou bien encore Ca de Stephen King. Toujours avec l’écrivain du Maine, j’ai pu suivre les dernières aventures de la fabuleuse Holly et niveau filiation le petit recueil Drôle de temps de Joe Hill m’a emporté.





Et sinon en vrac


  • Fin en France de Superman Aventures, l’adaptation en comic de la série d’animation. Une des plus belles séries sur le personnage avec dedans les meilleures histoires de Mark Millar.
  • Mais pourquoi j’ai arrêté la lecture ? => Batman & les Outsiders par Mike W.Barr, Jim Apparo et Alan Davis ainsi que The Question de Dennis O’Neil. Mais oui pourquoi ?
  • Pourquoi j’ai lu ça en fait ? => Void Rivals et Transformers le fameux « energon universe » de Kirkman, Tokyo Survivors de jesaisplusquietjemenfous ou bien encore Radiant Black
  • Slam Dunk en grande édition c’est d'une beauté à éclater les yeux
  • N’oubliez pas : le monde se divise en deux catégories. Ceux qui aiment Hitman.......et les tocards
  • Belle découverte : Jimbocho Sisters, Maggy Garrison, La sanction, Slava, Super-Soldat et La cantine de Minuit
  • Je continue de découvrir le travail Inao Asano avec beaucoup de recueil cette année





Les gros coup de coeur de l’année :


  • Batman, Flash, JSA et Superman Chronicles => Des beaux volumes pour découvrir des grandes séries. Si je connais le Flash de Mark Waid, je découvre totalement JSA. Pour Batman quel régal d’enfin découvrir une période de grande qualité mais le summum reste Superman avec enfin la traduction chez nous d’épisode magistraux.
  • Des bouquins sur le cinéma :
    • Hollywood ne répond plus et sa formidable histoire des tournages de Cléopâtre, Le jour le plus long et Something's Got to Give
    • Godzilla, la grande histoire du roi des monstres, un bel ouvrage recensant tous les films sur le bestiau
    • The Making-of Star Wars qui est tout simplement une mine d’or sur le film
  • - St-Elme. T-o-u-t simplement


Enfin et surtout


Les météores : histoires de ceux qui ne font que passer. Il y a un chassé-croisé de personnage qui rappelle Magnolia et une mélancolie assez terrible. Ca déborde de colère et de tristesse, c’est du regret à chaque page…et pourtant il y a aussi tout une magie « blanche » qui réchauffe les coeurs dans cette environnement de plus en plus neigeux. La couleur, la lumière et ces espaces vides et blancs qui révèle en eux tout un monde. C’est envoutant. J’ai lu d’excellentes BD cette année et de très bons livres. Mais avec Les Météores j’ai vécu la même expérience qu’avec Daytripper. Comme si l’espace d’un instant je comprenais des choses qui m’échappaient


Allez c’est parti pour 2025 avec un retour à Neo-Tokyo, un fragile roman, du 87ème District, la reprise des aventures d’un titan tout vert (et gris parfois) et surtout le plaisir toujours immense de retrouver les copains du Plein de Super pour parler BD et autres joyeusetés.





vendredi 16 août 2024

X-men : La période Chris Claremont/John Romita Jr

The Uncanny X-Men #175 - dernières pages (novembre 1983) à The Uncanny X-Men 211 (novembre 1986) 



Prenant le relai du dessinateur Paul Smith et de son passage aussi court que marquant, John Romita Jr va illustrer la destinée des mutants durant trois années pleines de péripéties et qui s’avérera être, rétrospectivement, la période la plus fluctuante de l’ère Claremont.

C’est en effet ce qui marque à la (re)lecture de cette période : Des épisodes fantastiques doublés de développement de personnages passionnants côtoient des récits médiocres et des dessins en deçà de ceux qu’on pouvait admirer précédemment sur deux grands run (Iron Man avec le duo David Michelinie/Bob Layton et The Amazing Spider-Man avec Roger Stern). Pour rajouter à la désillusion, l’un des grands moments de cette période (si ce n’est LE grand moment) est dessiné par un autre : Barry Windsor-Smith (mais peut-être est-ce aussi pour cela qu’Uncanny X-Men #186 est aussi remarquable).


John Romita Jr ne cache pas qu’il n’a guère apprécié ce passage sur les X-Men et lui préférera de loin son deuxième (entre 1993 et 1994). On ne lui donnera pas tort, l’expérience et l’âge aidant, il est beaucoup plus à l’aise et offre notamment un The Uncanny X-men #300 remarquable.


A sa décharge, on ne peut pas dire qu’il arrive à une époque stable pour le titre bien au contraire, les X-men sont en pleine mutation (gag, rire, j’anime tous vos anniversaires, mariages, bar-mitsvah et cérémonies d’ouvertures de J.O). Ayant explosés les ventes depuis l’arrivée de Paul Smith, les X-men sont dorénavant la poule aux œufs d’or et Marvel veut agrandir le poulailler d’où le lancement de la série Les Nouveaux Mutants quelques mois auparavant. Scénariste des deux titres, Chris Claremont n’hésite pas à lier les histoires créant ainsi un univers mutant de plus en plus étendu. Toutefois cela ne se fait pas forcément de la façon la plus limpide qui soit. Le lecteur des seuls X-men pourra ainsi être étonné de voir des personnages surgir comme si de rien n’était (Psylocke ou Magneto) ou bien s’interroger sur le parcours d’autres (tiens Kitty à l’armure et l’épée d’Illyana ?) puisqu’une partie de leurs histoires se déroule dans l’autre titre, voire dans des mini-séries ou des annuals. Nul récapitulatif ou de simple éclaircissement, on part du principe que le lecteur à tout lu. S’ajoute à cela l’ingérence de Jim Shooter et de ses Guerres secrètes (particulièrement le deuxième volet) et vous comprendrez que si le lecteur du seul titre The Uncanny X-men peut se sentir perdu dans ce fatras, le dessinateur peut tout autant l’être.



Outre cette dispersion éditoriale difficilement coordonnée entre les titres, on peut également constater que Claremont nous balance des histoires insipides tel l’énième retour d’Arcade (et son duel annuel avec Miss Locke), le rerereretour du Club des Damnés avec une Séléné inintéressante ou bien encore les épisodes An Age Undreamt Of ! / Raiders Of The Lost Temple ! avec son New-York de fantasy et ses habitants transformés en personnages de Donjons et Dragons. Tellement médiocre qu’on lobotomise le tout à la fin et qui a pour unique et incongru conséquence de voir l’arrivée de Nemrod. La némésis de Rachel Summers devient d’ailleurs un héros pour la ville sans qu’on sache trop pourquoi si ce n’est le besoin d’alimenter la haine anti-mutants.


Romita Jr peine aussi régulièrement et son dessin est rarement enlevé. On sent qu’il a du mal à dessiner une équipe. Heureusement des subterfuges sont trouvé comme par exemple de faire des histoires mettant en scènes que deux ou trois protagonistes. Bref ce n’est pas la joie pour Romita Jr qui sortira un peu désabusée de ce passage et à qui il faudra la proposition de travail sur Daredevil avec Ann Nocenti pour retrouver une confiance en lui. A tel point qu’il signera là l’un de ses plus grands travail et construira définitivement son style.



Mais pour autant que cette période se traine de sacré boulets, elle propose aussi (et c’est là tout le réjouissant paradoxe) des moments remarquables et marquant. Citons pêle-mêle Madness (The Uncanny X-Men #182) avec une Malicia incapable de faire la part entre sa personnalité et celle de Carol Danvers, He’ll never make me cry (The Uncanny X-Men #183) qui contient l’une des plus fantastique bataille contre le Fléau ou bien encore It was a dark and stormy night… ! (The Uncanny X-Men #195) avec en guest-star les enfants de Puissance 4 qui vont en subir des vertes et des pas mures face aux Morlocks. Dans tout ces épisodes Romita Jr se retrousse les manches et semble diablement inspiré.


Cette inspiration, on la retrouve également de manière plus étendu dans l’illustration de la noirceur de cette période. Le sentiment anti-mutants prend des proportions encore plus importante : le gouvernement veut mettre en place un fichage, la haine est de plus en plus manifeste, Charles Xavier est victime d’un attentat, Diablo manque de se faire lyncher par la foule et ne doit son salut que par l’intervention de ses amis essayant de raisonner les agresseurs etc. Il ne fait encore moins bon d’être mutant.



De fait, on assiste dans cette période au prolongement du sublime Dieu crée, l’homme détruit de Chris Claremont et Brent Anderson, publié en 1982. Un récit mettant notamment en avant un Magneto comme jamais vu auparavant, bien éloigné du super-vilain généralement montré, et qui continuera son évolution dans la série régulière jusqu’à prendre la succession de Charles Xavier à partir du 200ème numéro (The trial of Magneto).


Même si le personnage est globalement mal traitée, Rachel Summers (qui apparait durant ces années), fille de Scott Summers et de Jean Grey venant d’un univers alternatif, nous donnera un aperçu d’un futur apocalyptique d’une violence jamais vu, voire jamais égalée. Merci là encore à Romita Jr pour ces pages marquantes de même que pour toutes celles ayant attrait aux Morlocks avec en tête le célèbre Massacre (The Uncanny X-men #211), dernier numéro qu’il dessine. Comme l’indique le titre, on assiste ici à la mort des Morlocks (ces mutants vivants dans les égouts de New-York), un massacre perpétré par les Maraudeurs. Extrêmement violente, cette bande prend plaisir à torturer et tuer hommes, femmes et enfants et ne fait aucune pitié. Face à eux, les X-men vont également souffrir. Trois de leurs membres les plus illustres (Diablo, Kitty Pride et Colossus) vont être gravement blessées.



Cet événement dramatique qui conclut la fin de la prestation de Romita Jr et qui va enclencher un tournant majeur pour l’équipe et la série (la grandiose période Silvestri) pourrait se voir comme l’apogée d’une période totalement sombre si elle n’était pas (heureusement pourrait-on dire) accompagnée d’une multitude de passage bien plus léger. Peut-être plus que dans d’autre période, on ressent ici l’esprit d’équipe et le sentiment d’une véritable vie de famille au quotidien. Les mutants prennent le temps de vivre et de sourire comme le montre la fameuse partie de base-ball de The Uncanny X-Men #201 dessinée par Rick Leonardi et encré par Whilce Portacio. Épisode également célèbre pour son duel palpitant entre Tornade et Cyclope afin de décidé qui dirigera l’équipe (mais, heuuu, c’était pas Diablo quelques épisodes auparavant ? ^^).



Tornade justement est, encore et toujours, l’égérie de Claremont et va subir une terrible épreuve : la perte de ses pouvoirs. Moment marquant non pour l’épisode de la perte en elle-même mais pour le suivant, le magnifique Lifedeath dessiné par Barry Windsor-Smith qui mériterait à lui seul tout une analyse. Contentons-nous simplement de souligner que Tornade apparait ici tout autant vulnérable que forte et qu’une simple gifle est plus dévastatrice que tous les éclairs qu’elle a pu lancée auparavant. Un an plus tard, Windsor-Smith donnera une suite à ce récit avec Lifedeath II (The Uncanny X-Men #198) dans lequel la mutante déchue retrouvera ses racines et, peut-être sa connexion avec ce qui l’entoure. Comme une manière de souligner que la perte de ses pouvoirs tient plus d’un choix personnel que d’une réelle intervention extérieure. A noter que s’il ne met pas en scène Tornade, la troisième prestation de BWS pour la série (The Uncanny X-men #205 : Wounded Wolf) est aussi une merveille qui préfigure son futur travail sur Weapon X.



Vie et Mort. Voila, peut-être, ce qui définirait le mieux cette période des X-Men. Un aller-retour quasiment constant entre les plus beaux moments de la vie (n’assistons-nous pas à la naissance de Nathan Summers, le fils de Cyclope) et les pires (la mort des Morlocks). Une valse d’un extrême à l’autre qu’on retrouve personnifié chez une multitude de personnage (Magneto et Tornade en tête) mais également dans la qualité même de cette période alternant le meilleur et le (vraiment) moins bon. Une période fascinante pour cette dichotomie et fatigante pour sa dépendance envers d’autres titres. Un moment de transition qui prendra le temps de faire vivre au quotidien ses personnages pour en mieux détruire l’unité et le confort afin de les préparer à la grande chute finale.