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mercredi 1 janvier 2025

La Dernière Séance 2024 - Bilan

 


204 films, séries, documentaires vu ou revus avec quelques jeux dans le lots et sans compter les expositions


C’est peu ou prou la même chose que 2023 avec pourtant une grande différence qui m’a sauté aux yeux en préparant un Top 5 pour le travail. Je suis allé seulement neuf fois au cinéma pour voir un film qui venait de sortir en salle. Même pas un film par mois, je pense que j’ai jamais fait aussi peu. Mon bureau est situé juste en dessous de sept salles de ciné et pourtant j’ai vu moins de films actuels que beaucoup de copains. C’est même pas tant une question de proposition (parce que quand je vois tous les films que j’ai loupés et qui me font envie je me dis que j’avais de quoi remplir mon carnet de bal) qu’une question de motivation. Ca sera donc la grande résolution de 2025, aller voir un film actuel par semaine. Allez au moins trois par mois parce qu’il y a aussi les ressorties.





Haaaa les ressorties. Autant j’ai vu peu de film nouveau, autant je me suis fait plaisir à aller voir ou revoir des classiques sur grand écran : Phanthom of the paradise, Terminator, 2001, E.T, Total Recall, Shining, M le maudit, Robocop, Blood Simple, Batman, Batman Returns, Carrie au bal du diable, Retour vers le futur, Shaun of the dead, PlayTime, Fargo et j’en oublie sûrement un ou deux.


Quel plaisir que de voir en salle des films aussi bon et pour certains taillés pour ça. Quelque soit la qualité de votre installation personnelle, rien ne vaut l’expérience en salle. N’hésitez pas si vous pouvez le faire. Déjà ca aide les cinémas et en plus vous verrez vos films autrement. Pour ce début 2025 je vois déjà arriver des explosions atomique à Neo-Tokyo et Los Angeles, la vie d’un homme qui a toujours rêvé d’être un gangster, un film charnière d’un réalisateur néo-zélandais et un mois d’avril de fou avec Paris-Texas, Le limier, Blow-up et Blow out (grand merci à la Cinémathèque de Tours)


Niveau rétrospective à la maison cette année fut consacré à Rocky Balboa, Harry Callahan, Freddy Krueger ainsi que Sarah Connor et ses amis. Du grandiose, du très bon et du moins bon (voire du caca) dans tous ça.





Mais niveau rétro personnelle mortel il y eu surtout celle de Walter Hill allant de Hard Times jusqu’à Brewster's Millions. Un énorme plaisir (et des découvertes incroyables telles que Sans détour) en dehors du dernier (caca!). Je dois dire que je suis moins motivés pour la suite mais bon on va se donner une petite. L’autre grosse rétro fut celle consacré à l’univers Patlabor avec deux séries d’O.A.V. (Original Animation Video), une série télévisée et trois films d’animations. Une vaste galaxie pour un univers particulier et passionnant par sa richesse, son atmosphère et sa variété. Il est probable que j’en recause un peu dans le blog


Tiens en parlant de séries télés, l’autre gros morceau de mes séances depuis longtemps. 2024 fut l’occasion d’une nouvelle saison de The Bear (formidable bien que déséquilibré) et de Fargo (parfaite).


Au rayon « arrêté après quelques épisodes », j’ai tenté Schrinking (chiant), For all manking (et pourtant j’aurais aimé mais zzzzzzzzzzz), Hacks (aucun intérêt pour les personnages) et la suite de Frasier (étonnant non ?). Tant pis, après quelques épisodes sans jamais trouver un petit truc auquel s’accrocher pour continuer, c’est pas la peine de prolonger. Il faut savoir dire non à la drogue. Seul Only Murders in the building m’a fait tenir jusqu’à la fin de la saison mais sans envie de regarder la suite


Au rayon « content de te revoir » j’ai passé l’année avec Adrian Monk (qu’elle capacité à toujours se renouveler dans une forme pourtant jugée rigide), Leslie Knope (vive le service public), Frasier Crane (celui de Seatle, le seul, l’unique), Selina Meyer (la politique de moins en moins caricatural vu la réalité), Jerry Seinfeld (et je n’ai aucun problème avec ça), Eren Jäger (sublime œuvre qu’est L’attaque des Titans, dépassant de loin son postulat de base avec une maîtrise rarement vue) et le duo le plus célèbre du FBI : Fox Mulder et Dana Scully (incroyable comment X-Files prend une toute autre dimension aujourd’hui en plus de toutes ses autres qualités)





Deux séries que j’aime ce sont conclues cette année. La première est What we do in the Shadows. L’adaptation du film de Taika Waititi est devenue en six saison la meilleure comédie fantastique télévisuelle de ces dernières années avec des personnages haut en couleurs, des épisodes fantastiques et des idées au potentiels ravageurs tel que le vampire psychique, la descendance de Van Helsing ou bien encore le postulat voulant que les acteurs et actrices ayant joué des vampires sont en fait des véritables vampires donnant lieu à plein d’apparitions de guest-stars etc. La deuxième c’est Curb Your Enthusiasm, la série de et avec Larry David. Un chef d’œuvre de la comédie qui a vaille que vaille traversé presque 25 années. Une fin incroyable jouant, encore une fois, sur des mise en abymes redoutable.





Bon sinon le trio de tête de l’année : Ted Lasso, Ferrari et Anora

La première est une série en trois saisons aussi drôle que bouleversante, qui arrive à aborder intelligemment un paquet de sujet, qui s’offre des incartades poétiques par la force des aléas de la production et qui est incroyablement lumineuse tout en questionnant les aspects pervers de cette approche. Bref c’est un petit bijou. Le deuxième c’est la dernière claque du maitre Michael Mann, je vais pas en dire plus et juste vous conseiller d’écouter l’émission qu’on lui a consacrée. Je dirais juste qu’encore aujourd’hui je suis dégouté qu’il ne soit pas sorti au cinéma tant il doit prendre toute son ampleur sur grand écran. La dernière c’est Anora, le dernier film de Sean Baker, réalisateur américain dont je vous ordonne d’aller voir ses précédents films (Red Rocket, The Florida Project et Tangerine) et dont je vous suggère de guetter vos programmes parce que ses premiers films vont bientôt débouler en salle.





Et sinon en vrac :


  • Vu et découvert quelques heures avant d’écrire ces lignes => Cet été-là de Jim Rash et Nat Faxon. Quand les adolescents cons ne sont pas ceux qu’on pensent
  • Parce qu’avoir une manette entre les mains c’est bien => Vivre 2024 sur le canapé avec Star Wars (Jedi Survivors et Outlaw), Final Fantasy VII Rebirth, Horizon Zero Dawn, Assassin’s Creed Mirage, Ghost of Tushima et la trilogie Mass Effect
  • Ca fait bien peur et c’est français, oui messieurs => Vermines de Sébastien Vaniček
  • L’autre série feelgood => Schitt’s Creek de Dan et Eugene Levy
  • Inoue qui fait avec sa pièce maitresse, ce qu'Otomo avait fait avec la sienne. Une adaptation cinématographique qui s'éloigne de la fidélité narrative pour capturer une atmosphère et un mouvement => The first Slam Dunk c’est grandiose
  • - Continuons dans la famille « ils auraient été dans mon top 2023 si je les avaient vu cette année-là » => Godzilla Minus One, The Holdovers et Perfect Days
  • Loupé en 2024, heureusement ca ressort au ciné en début d’année, merci Télérama (hé ouais) => La zone d’intérêt, Flow et Le mal n’existe pas
  • Les belles surprises découvertes cette année => La mini-série Carol & the end of the World et son ode à la routine, le magnifique Sasquatch Sunset dont j’espère une exploitation en salle, le totalement juste Drinking Buddies et Le convoi sauvage de Richard C. Sarafian
  • Mais sinon en vrai, mon film préféré de l’année sort en blu-ray US début janvier pour les 50 ans de ce dont il parle. Franchement et encore plus que pour Ferrari, je suis dégoutté qu’il ne soit pas sorti en salle en France pour le moment.


Bon et pour 2025 ? Au moins un film par semaine on va essayer de s’y tenir, on réfléchit déjà à la Soirée de l’horreur de l’été prochain, ça fait des années que je n’attendais pas avec impatience un film et il n’y a que Superman pour y arriver enfin et surtout venez tous et tout le temps au ciné.




mardi 2 janvier 2024

La Dernière Séance 2023 - Bilan

 




Presque 200 films, séries, documentaires vu ou revus avec quelques jeux dans le lots

C'est quasiment la même chose que l'année dernière ce qui est pas mal surtout qu'il y a eu du changement. J'ai en effet pris une pause sur ma participation à l'émission Bande d'Annonces. Plus de 10 ans de radios c'est pas rien. Je prenais toujours un grand plaisir à passer une heure en compagnie des copains à parler des derniers films sorties sur Tours mais je dois dire que toute la préparation et le fait de planifier quasiment toute ma semaine m'ont usés. J'avais envie de prendre le temps. Pause faite donc à partir du mois de juin et si je craignais voir moins de film il n'en est au final rien. Je vais toujours autant au cinéma mais surtout je regarde plus de films anciens que ce soit chez moi ou au cinéma. On le dira jamais assez, vive les reprises et les rétrospectives pour pouvoir voir sur grands écran des films excellents. 

Cette année j'ai ainsi pu (re)voir Les Blues Brothers (avec un ami qui, lui, a découvert le film), Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (un Carpenter au ciné, le pied assuré), Evil Dead 2, Pour une poignée de dollars, Le grand silence et Alien. 





Pour quelque chose de totalement différent, je me suis refait un cycle Monty Pythons. Cela grâce à chérie-chérie qui m'a offert le Monty Pythons Flying Circus en coffret bluray. Je ne me pouvais m'arrêter en si bon chemin et j'ai donc enchainé sur la sainte trinité à savoir Sacrée Graal, La vie de Brian et Le sens de la vie. J'ai poursuivie l'escapade avec la représentation du groupe sur scène au Hollywood Bowl (probablement le truc le plus dingue de leur carrière) et par l'énorme documentaire Monty Pythons : Almost the truth (lawyers cut)  consacré à tout leur travail. 

Tiens en parlant de documentaire. celui consacré aux vulcanologues Katia et Maurice Krafft, Fire of Love, était magnifique, celui consacré à John Belushi (sobrement appelé Belushi) était à pleurer et celui consacré à ILM (Light & Magic) donnait envie de rêver.  

Rayon série, j'ai découvert et apprécié The Last of Us (même si le jeu vidéo est hors-compétition, l'adaptation est honorable) et The Outsider, je me suis délecté de la nouvelle saison de What we do in the shadows, je me suis pris des barres de rires avec Community mais c'est surtout The Bear qui m'a totalement emporté. J'ai pu continué et terminé ce classique qu'est The West Wing. Magnifique utopie. Histoire de contrebalancer j'ai enchainé avec un nouveau visionnage de cette farce qu'est Veep. Frasier et Parks and recreation refirent également un tour. En attendant la nouvelle saison de Fargo, on s'est mis à revoir la série dans l'ordre chronologique des saisons, une approche intéressante qui fait ressortir la cohérence de la série. Enfin histoire d'avoir un peu de feelgood, je prescrit un épisode de Monk. C'est toujours aussi bon

Bon sinon le trio de tête de l'année c'est deux films de science-fiction qui m'ont fait voyager (Mars Express) et fait verser ma petite larme (Les gardiens de la galaxie vol3) et, o surprise, The Fabelmans de Steven Spielberg. On se refait pas, tonton Steven c'est le plus fort et son film semi-autobiographique est une merveille du premier au (grandiose) dernier plan. 

 




Et sinon en vrac 


  • Ce fut aussi une spéciale Bruce Timm & Friends cette année avec le visionnage en bluray des séries Batman et Superman suivi de Justice League Animated et Justice League Unlimited. Comme disait mon grand-père : "c'est les meilleurs, y'a pas mieux"
  • Au rayon "on veut pas tirer sur l'ambulance mais elle cherche quand même un peu" : Consternation et poilade devant The Creator, Les trois mousquetaires : D'Artagnan et Les femmes du square. De l'avantage de ne plus faire une émission de ciné, on réduit le risque de regarder de la merde. 
  • J'aurais bien mis Les Banshees d'Inisherin dans les meilleurs films de l'année mais si je l'ai vu en tout début d'année il est sorti l'année précédent
  • Plein de bon films français, oui madame, avec notamment Youssef Salem a du succes  et le renversant Je verrais toujours vos visages
  • Et même des films fantastiques ou de SF : Mars Express, Le règne animal
  • c'est pour les mômes mais c'est 1000 fois mieux que des merdes pour adultes : Marcel le coquillage (avec ses chaussures) 
  • La famille Asada c'est le film qui fait du bien 
  • Ca tranche, ca charcle, ca gicle, c'est Baby Cart
  • Et puisqu'on est dans la découverte de vieux film que c'est bien mieux que les merdes d'aujourd'hui : Klute d'Alan J. Pakula, The Conversation de Francis Ford Coppola, Le crabe tambour de Pierre Schoendoerffer, Laurin de Robert Sigl, Summer of Sam de Spike Lee, Le Lauréat de Mike Nichols, A Christmas Story, L'horloger de St Paul et Le Juge et l'assassin de Bertrand Tavernier. 


Enfin à titre plus professionnel, je suis heureux de voir que les gens reviennent massivement au cinéma. On n'a pas encore retrouvé notre rythme de croisière mais on a fait une année bien meilleure que ce que nous espérions. On récolte les fruits d'une programmation variée, de reprises, de festivals et de soirées thématiques. Ainsi voir des gens faire la queue à minuit 10 pour voir L'exorciste ca fait chaud au cœur. 

Et l'année 2024 s'annonce bien. On travaille déjà sur notre prochaine Soirée de l'horreur et un gros projet est en train de se concrétiser tout doucement. 

Je vous en reparle bientôt et en attendant allez au cinéma. 






lundi 1 mai 2023

LE SAINT DES MULTIVERS


 

 

 

Histoire de me détendre un peu entre deux archivages de documents, je vais vous causer du Tommy Westphall Universe. Si vous ne connaissez pas vous allez voir c’est marrant, si vous connaissez hé bien tant pis j’ai envie d’en causer.

Le Tommy Westphall Universe est un univers fictif incroyablement fourni en personnage et qui a la particularité d’être un univers fictif au sein d’un autre.

Mais c’est qui Tommy Westphall me diriez-vous ? Très bonne question vous répondrais-je.

Hé bien Tommy Westphall apparaît pour la 1ère fois dans la série St Elsewhere en 1983 à la télévision américaine et il est interprété par Chad Allen. Tommy est un personnage mineur qui apparaît dans 17 épisodes sur les 137 qui composent la série et il est le fils du docteur Donald Westphall (Ed Flanders), un des personnages principaux de St Elsewhere.

Au fait c’est quoi St Elsewhere ? Excellente question vous répondrais-je (bravo).

 


 

 

 

Si Hill Street Blues a révolutionnée la série policière (et la série tout court) au début des années 80 et si La Loi de Los Angeles s’est chargé de moderniser la série judiciaire, St Elsewhere (1982-1988) fut celle qui modernisa la série médicale. Au passage les trois séries furent toutes diffusées sur NBC, tout comme à la même époque Cheers et Golden Girls puis ensuite Senfield, Friends, Urgences et Frasier etc. NBC c’est le HBO de l’époque.

Créée par Joshua Brand et John Falsey (qui ensuite créèrent les formidables Bienvenu en Alaska ou bien Les Ailes du Destin), St Elsewhere raconte le quotidien des médecins, infirmiers, aide-soignants de l’hôpital Saint Eligius. Tout comme Hill Street Blues, la série a un énorme casting, décrits des personnages non comme des héros mais des gens normaux, aborde des questions de société et se compose d’arc narratif courant sur plusieurs épisodes. La série dura 6 saisons est il est évident que sans elle, il n’y aura pas eu Urgences ou Chicago Hope ensuite.

Mais revenons-en à Tommy Westphall. Tommy est un personnage mineure de la série mais révèle son importance à la toute fin de celle-ci. En effet le dernier épisode, The Last One, est connu aujourd’hui pour sa dernière scène assez renversante : Donal Westphall pense à son ami et mentor qui vient de mourir tandis que son fils regarde la neige tombée à travers la fenêtre du bureau de son père, soudain la scène change et on retrouve Tommy dans un salon en compagnie de Daniel Auschlander (le mentor décédé). Donald entre alors, mais un Donald différend qu’on devine ouvrier sur des chantiers de construction. Il regarde son fils et s’ensuit le dialogue suivant :

 

Father: « Hi Pop, how you doing? »

Grandfather: « Good. How was your day up on the building? »

Father: « Well, we finally topped off the 22nd story. And I’m beat. How’s he been? ( referring to Tommy ) He give you any trouble? »

Grandfather: « He’s been sitting there ever since you left this morning, just like he does every day. World of his own. »

Father: « I don’t understand this autism thing, Pop. Here’s my son, I talk to him, I don’t even know if he can hear me. He sits there, all day long, in his own world, staring at that toy. What’s he thinking about? »

 

Donald demande à son fils de venir diner et Tommy pose alors le globe qu’il observait sans arrêt. La caméra effectue alors un gros plan et nous découvrons que l’hôpital Saint Eligius se trouve à l’intérieur du globe. Fin de la scène, fin de la série qui se termine donc une mise en abyme assez renversante : Toute la série serait l’invention d’un jeune garçon autiste

 


 

 

Mais attendez donc un peu, ça va plus loin et c’est là où le Tommy Westphall Universe devient une idée renversante. Si tout ce qu’il se passe dans la série est une fiction inventée par ce garçon, tous les personnages existant le sont ? Or il se trouve qu’un épisode est un crossovers avec Cheers, donc Cheers est aussi imaginé par Tommy ! Donc Frasier aussi ! Attendez, attendez, deux personnages de St Elsewhere apparaissent dans Homicide, Life in the Street de Tom Fontana (lui-même producteur de St Elsewhere). DONC Homicide fait partie de l’univers de Tommy, mais alors John Munch aussi ? LE John Munch (dont l’interprète, Richard Belzer, vient de nous quitter) qui apparaît dans plus d’une dizaine de séries différentes. Donc Law & Order et tout ses spin-off, Arrested Development, X-Files (et Millennium et Lone Gunmen), The Wire, 30 Rock, Kimmy Schmidt etc. proviennent de l’imaginaire de Tommy

Le Tommy Westphall Universe ! l’univers partagé de nombreuses séries télévisés au sein de l’esprit d’un jeune garçon

La théorie a de quoi être assez réjouissante et beaucoup s’amusent à trouver le plus de connexion possible entre les séries télévisés en étirant un peu l’idée (par exemple plusieurs acteurs de St Elsewhere se retrouve à l’occasion d’un épisode de Scrubs donc Scrubs fait partie du TWU).

Ce qui est rigolo c’est que Dwayne McDuffie en a fait l’objet d’un de ses articles de blog pour parler de la continuité dans les comics (avec un comparaison assez truculente : St Elsewhere est le Kevin Bacon de la série télé)

C’est là : https://web.archive.org/web/20120625061214/http://www.slushfactory.com/content/EpupypyZAZTDOLwdfz.php

Du coup ça ma fait tilt tout à l’heure quand j’ai revu la scène de fin de la série à l'occasion d'une discussion avec un ami sur les finals assez dingue de séries télés (au passage ma série préférée de tous les temps, Babylon 5, use aussi de ce stratagème puisque les premières secondes du générique final révèle que tout ce que nous avons vu était un documentaire sur la station Babylon 5)

Ça ma fait tilt donc. Un gamin qui imagine tout un monde qui évolue à l’intérieur d’un globe, d’une bulle. Bon j’ai plus trop le récit en tête mais….

 


 

 

Voilà. Il faudra que je relise à l’occasion, je me dis que mine de rien ce final a infusé un peu durant les années qui ont suivi. Même si l’idée du « en fait tout est imaginé » est le ressort pratique pour scénariste en panne, il n’empêche qu’il y a une imagerie commune qui m’interroge.

Bon sur ce c’est pas tout cela, j’ai encore du classement à faire.

 

 

 

 

vendredi 10 février 2023

C'est vendredi, c'est librarie


 




Une ou deux fois par mois, je rends visite à mon dealer en ouvrage avec ou sans dessins. Pour ceux qui sont dans le coin, c'est le sinistre individu qui tient l'Imaginaute. 

Et comme à chaque fois je ne peux m'empêcher de faire la photo qui va bien et de la partager.

Alors aujourd'hui on a quoi ? 


  • Alien, la xénographie => Un ouvrage collectif centrée sur la mythique créature. J'avais pas forcément décidé de le prendre mais le directeur de l'ouvrage (Nicolas Martin créateur de l'excellente émission contre la bêtise La Méthode Scientifique) sera aux Studio demain pour parler du livre et du film que le cinéma diffusera.
  • Otomo n°2023/1 => Première fois que je prend la revue mais bon comme ça cause de Macross, je me suis bien senti obligé de la prendre 
  • Friday, tome 1 => Achat à l'aveugle sur le seul nom de son scénariste
  • Captain America, intégrale 1979-1980 => Dernier volume en date d'une collection que je suis depuis ses débuts 
  • Et Franquin créa La Gaffe => Ouvrage d'entretien très réputé et réédité depuis peu.

lundi 23 janvier 2023

THE LAST OF US - 1ères impressions

 



Il y a déjà un matériau de base qui interdit de se louper. Celui d’une des œuvres vidéoludiques les plus importantes des années 2010 née de l’expérience d’un studio qui a déjà aligné des succès qualitatif depuis le jeu de plate-formes Crash Bandicoot jusqu’aux jeux d’aventures Uncharted déjà en soi porteurs des mécanismes de jeu ainsi que des qualités visuelles et narratives qu’on retrouvera améliorés dans The Last of Us (et c’est tout naturellement que l’expérience acquise sur la création de ce dernier jeu bénéficiera ensuite à Uncharted 4: A Thief’s End chapitre final des aventures de Nathan Drake)

Il y a ensuite ce qu’on sait de la production qui sonne comme tout autant de bonnes nouvelles : Kantemir Balagov et Craig Mazin à la production pour une série HBO (qui reste, plus de 20 ans au compteur, le taulier en terme de série innovante et à gros budget) accompagné de Neil Druckmann créateur du jeu. C’est également le choix des acteurs. Bien sur dans un monde idéal on aurait aimé avoir Troy Baker et Ashley Johnson mais il est clair que les choix de Pedro Pascal et Bella Ramsey pour incarner Joël et Ellie est bon. Autre transfuge du jeu, le compositeur Gustavo Santaolalla est là et mine de rien cela fait la différence. On y pense pas (et le fait d’avoir vu peu d’annonces concernant son implication sur le projet est regrettable) mais l’ambiance musicale créée par le musicien fait pour beaucoup pour l’atmosphère unique du jeu. Découvrir alors que le, très bon, générique de la série télévisée reprend la musique du générique du jeu termine de faire tomber les quelques réticences que j’avais vis à vis de ce projet d’adaptation.

De manière générale, je me désintéresse d’une majorité des adaptations actuelles parce que je trouve qu’elle n’apporte rien ou peu par rapport aux œuvres originales. Toutefois je pense que s’il y a un support sur lequel une adaptation de The Last of Us est pertinente c’est celui de la fiction télévisuelle. En effet le cœur même du jeu, à savoir la relation entre Joël et Ellie, se déroule sur un temps long. Un temps qui est intelligemment géré dans le jeu de par sa durée minimum combinée à des ellipses bien trouvée. Pour le coup une adaptation sur une chaine en diffusion hebdomadaire donne accès à cette même gestion de la durée. Pour peu que les scénaristes soient pas des manches, il y a quelque chose à jouer la dessus.

 


 

 

Et donc après le visionnage du premier épisode mon sentiment est que si la suite est du même acabit alors la série aura réussi son pari. Les créateurs semblent s’être posés les bonnes questions pour raconter une histoire sur un support différent. De par sa nature, le jeu The Last of Us doit rapidement mettre le joueur dans l’action, la chute de la civilisation arrive donc en quelques minutes tandis qu’on prend le contrôle de Sarah. De par sa nature, la série The Last of Us, doit ménager rythme et suspense et prendre le temps de poser un cadre pour capter le spectateur. D’où la bonne idée du prologue avec le scientifique parlant du cordyceps (avec le petit tacle bien sentie sur le fait que ce qui ne pose pas de problème en 1970 peut l’être en cas de réchauffement climatique) qui est l’occasion de revoir John Hannah mais aussi la bonne idée de consacrer une première partie centrée sur Sarah. Ça tient très bien la route et la montée en tension se fait graduellement. J’aime beaucoup car, mine de rien, si on ne connaît pas le jeu et même si on sait que la série se concentre sur Joël et Ellie, l’épisode est suffisamment bien fait pour qu’on soit cueilli à la fin de cette partie.

Je remarque d’ailleurs que la série use juste ce qu’il faut de reprise de plan ou scène tel quel du jeu et choisi les plus marquants (la fuite en voiture du point de vue de Sarah) sans en faire des caisses. Cette approche se retrouve dans la deuxième partie qui effectue très vite un changement majeur dans la narration. Là où le jeu se déroule majoritairement du point de vue de Joël, la série opte pour une narration éclatée où l’on suit à la fois Joël mais aussi Tess, Marlène et Ellie avant leur rencontre. Très bon choix qui permet de jouer sur ce que le jeu montre peu sans que cela soit pour autant l’essentiel, bref pour rendre cet univers plus tangible. On voit ainsi plus l’armée dans ses actions et à l’inverse plus d’action des Lucioles. J’aime également comment on voit le quotidien misérable des gens et le peu d’espoir. A ce titre l’idée de la radio est vraiment excellente et offre plusieurs bonnes scènes.

Autre point agréable : le refus du spectaculaire. Bien sur il y a la première partie mais là où je m’attendais à une fin d’épisode jouant sur le suspense d’une révélation, la série prend le contre-pieds en prolongeant un peu. Mine de rien ce genre de chose renforce l’approche voulue sur les personnages. Il y a également la découverte de Boston avec la petite fille qui aurait pu se finir sur une scène très dur mais joue d’avantage sur l’intime. On retrouve cette approche aussi avec la première apparition d’Ellie et sa discussion avec Marlène. Tiens, à ce propos, si j’avais peu de doute sur Pedro Pascal, je suis bluffé par Bella Ramsey. Elle a trouvé le ton juste (dans la voix notamment) pour jouer Ellie.

J’aurais encore plein de choses à dire que ce soit sur l’excellent générique, l’utilisation ingénieuse des codes couleurs du jeu afin de se repérer dans l’espace etc etc mais on va attendre la suite des aventures. 

Pour l’instant c’est du tout bon en tout cas

 


 

lundi 9 janvier 2023

La dernière séance - Bilan 2022



 

Presque 200 films ou séries vu ou revus avec quelques jeux dans le lot.


C’est quasiment pareil que l’année dernière avec une différence tout de même, il y a beaucoup plus d’œuvres découvertes au cinéma ou récentes. Forcément l’année 2022 étant une année presque normale pour le cinéma. Hé oui parce que souvenez-vous qu’a la même époque on contrôlait les pass sanitaires et que le Covid étant encore bien présent, tout cela avait un impact sur la distribution et par extension sur la fréquentation.


Du coup ce fut un réel plaisir de découvrir des films comme El Buen Patron de Fernando León de Aranoa, une magnifique satire sur le patronat et les rapports de domination camouflés par un discours vantant les mérites de la petite entreprise et de la famille ; En roue libre de Didier Barcelo (un étrange road movie), Plan 75 (Soleil Vert version ministre de droite), Poulet, Frites (passionnant documentaire par les gaziers de l’émission Strip Tease) ou bien encore l’incroyable Everything everywhere all at once.


Niveau rétrospective cinéma ce fut la réelle découverte du cinéma de Claude Chabrol avec Poulet au vinaigre, Que la bête meure, Le Boucher et le superbe La ligne de démarcation. J’en oublie et d’autres encore m’attendent en compagnie des films d’un autre grand à savoir Bertrand Tavernier. Et niveau américain je pense que je vais continuer l’exploration de la filmographie de John Frankenheimer.





Grâce à cette chaîne totalement indispensable pour le cinéphiles qu’est TCM, j’ai découvert ce chef d’oeuvre qu’est His Girl Friday d’Howard Hawks (La dame du vendredi chez nous) et s’en est suivi une découverte de la screwball comedy avec notamment L’impossible M Bébé, I was a male war bride ou bien encore l’excellent Le sport préféré des hommes.


Mais le gros morceau de l’année fut consacré à Steven Spielberg avec une rétrospective me permettant de revoir plein de films et de découvrir tout ceux que je n’avais pas vu suite à mon visionnage de West Side Story et l’arrivée l’année suivante de The Fabelmans. Résultat ? Les aventures de Tintin : Le secret de la Licorne reste mon film préféré de la décennie passé, ce fut une véritable et puissante redécouverte avec l’Empire du Soleil mais une souffrance à revoir Hook, Jurassic Park 2 et Indy IV et à découvrir Terminal, un plaisir étonnant face à La couleur pourpre, Cheval de Guerre, Lincoln et Amistad. Enfin ce fut du bonheur au-delà de l’extase de Duel jusqu’à E.T.

 

Ce fut surtout l’occasion de découvrir sur grand écran Les dents de la mer et ce fut pas loin d’être la meilleure séance dans une salle obscure tant ce chef d’œuvre étale sa puissance sur la grande toile. 2022 fut d’ailleurs l’année de la redécouverte de film sen salle : Les Dents de la mer donc mais aussi Mad Max, Les Blues Brothers, Assault ou bien encore The Thing. Il y a pas à dire, les films prennent une autre ampleur quand ils sont vu ainsi. Pour 2023, Alien est déjà dans la ligne de mire et je travaille pour que déboule aussi quelques classiques de la SF et de l’horreur au boulot.


Voila. C'est à peu prêt l'état dans lequel j'étais pendant que je regardais Les Dents de la Mer au cinéma



Pour ce qui concerne la rétro télé, ce fut l’occasion de retourner au village du Prisonnier et d’arpenter les rues de Twin Peaks, me confirmant ainsi que je digère le Lynch à petite dose et toujours avec un bon accompagnement (ici, du Mark Frost). De la même manière que j’arpente les bureau du 87ème District en littérature, j’arpente ce du commissariat de Hill Street Blues en série avec une cinquième saison toujours passionnante pour une série capitale.


J’ai dis au revoir avec de grosses larmes à la famille Pearson (This is Us) mais également aussi à Jackie Peyton (la trop sous-estimé Nurse Jackie). A l’inverse j’ai dis bonjour à l’administration du président Bartlet et je suis leur travail avec passion dans The West Wing


Enfin et en vrac


- La petite perle passée sous les radars : Comedy Queen de Sanna Lenken

- La quatrième saison de What we do in the shadows confirme la grande qualité de la série

- Découverte d’un réal : Keith Thomas. J’ai beaucoup aimé son Firestarter, j’ai adoré son The Vigil

- J'ai eu une PS5 (le même jour que le COVID, karma is a bitch) et suis parti explorer l'ile de Tsushima, les neufs royaumes de God of War - Ragnarök et la Terre post-apocalyptique d'Horizon Forbidden West

- C’est quand même dingue que le meilleur film français soit en fait espagnol. As Bestas de Rodrigo Sorogoyen tabasse sévèrement les fesses

- Pierre Salvadori frappe un nouveau coup, s’inspire de Stand by me et offre un merveilleux film avec La Petite Bande

- Il a fallu attendre presque 30 ans pour avoir un bon film de Batman au cinéma. Merci Matt Reeves, The Batman est le film sorti en 2022 que je met tout en haut de mon top

- Mais bon en fait le meilleur film de l’année, ma claque monumentale, ma découverte hallucinante et donc le meilleur film de l’année c’est sans hésitation Vanishing Point de Richard C. Sarafian. Un des sommet du road-movie, une influence pour tout ceux qui ont suivi (la scène d’ouverture de Mad Max paie son tribut), une bande-son incroyable, des paysages magnifiques, un voyage grandiose et sans retour.


Punaise qu’est ce que je rêverais de le voir sur grand écran

 


 

mercredi 21 septembre 2022

"This is your playground"

 


John Crichton est astronaute. Le jour où il part dans l’espace pour vérifier l’une de ses théories, son module est aspiré par un vortex et il se retrouve projeté dans une zone inconnue de l’univers où personne n’a jamais entendu parler ni de la terre ni des humains.

 

 

Initiée par l’immense succès de Star Trek : The Next Generation, les années 90 virent l’arrivée d’un nombre conséquent de série de science-fiction et plus particulièrement de space-opera. Les spin-off Star Trek : Voyager et Star Trek : Enterprise, les frères complémentaires Star Trek : Deep Space Nine et Babylon 5, la comédie Red Dwarf, la trop courte Firefly, le très martial Space 2063, l’autre franchise Stargate (même si Stargate SG1 est assez éloigné du genre) et la queue de comète Battlestar Galactica forment une grande décennie qu’on pourrait même qualifier d’âge d’or du genre.

Si j’aime tout ces séries à différent degrés (rappel : Babylon 5 est l’une des meilleurs séries de tous les temps) et si toutes apportent leur pierre à l’édifice d’un genre passionnant, il y en a pourtant une qui tient une place particulière dans le lot et dans mon cœur. Peut-être parce qu’elle se rapproche le plus de ce que serait l’élément pure "space opera" dans le tableau périodique des genres.

Cette série, c’est Farscape.

Lancée en 1999, Farscape est un vieux projet de Rockne S. O’Bannon et de Brian Henson. Comme son nom l’indique, ce dernier est le fils de Jim et à repris les rennes de l’entreprise avec sa sœur Jane après la mort de leurs père en 1990 (tragique perte s’il en est). A ses yeux, Space Chase (1ère titre du projet) serait une vitrine pour montrer le talent du studio et de ses marionnettistes. Rockne S. O’Bannon, lui, est un vétéran de la SF et à a son actif du très bon (des épisodes de la reprise de La Quatrième Dimension dans les années 80, d’Amazing Stories et l’excellent film Alien Nation) mais aussi du médiocre (SeaQuest DSV, j’en rigole encore). Farscape est sans conteste sa meilleure création.

En plongeant un humain dans un univers totalement déconnecté de la Terre et dans lequel il doit survivre entouré d’aliens multiples et divers puis en devenant peu à peu le centre de toutes les attentions, Farscape renoue avec le space opera tel qu’initié et développé par Les Chroniques de Mars d’Edgar Rice Burroughs ou La Saga des Etoiles d’Edmond Hamilton. Tout autant que John Crichton (JC comme John Carter), nous sommes plongés dans le grand univers sans manuel ni bouée et devons tenter de nager rapidement.

Ce choix de faire dérouler l’action dans une galaxie lointaine (mais pas il y a très longtemps) permet de se libérer de carcans réalistes ou pseudo-réaliste et de s’autoriser toutes les audaces. Ainsi dès le 1er épisode la barrière du langage entre John et ses futurs amis est franchi de par l’injection d’un virus qui permet de comprendre et de se faire comprendre de tout le monde. Hop, emballé c’est pesé on passe à autre chose. D’un univers aussi fou (mais qui se permettra quand même de jouer avec beaucoup de notion scientifique passionnante) découle une narration rapide qui ose régulièrement l’ellipse et la mise dans l’action dès le début de l’épisode.

Mais comme souvent avec les séries marquantes c’est bel et bien avec ses personnages que Farscape marque les esprits. Débarquant en pleine bataille, Crichton va se faire en l’espace de quelques minutes trois compagnons d’infortune : le guerrier Luxan Ka D’Argo, la prêtresse Delvian Pa’u Zotoh Zhaan et le monarque déchu Rygel le 16ème. Tous les trois sont des prisonniers qui ont réussis à s’échapper et à prendre possession du Leviathan Moya, un vaisseau vivant. Pour compléter ce tableau il faut bien sur rajouter Pilote, alien pilote de Moya du fait de sa symbiose avec elle, et surtout Aeryn Sun soldat Peacekeeper considérée comme renégate par ses supérieurs du fait de sa « contamination » trop longue avec les prisonniers et particulièrement avec John Crichton. Ce dernier est enfin la cible d’une traque sans relâche de la part de Bialar Crais, un commandant Peacekeeper qui veut venger la mort de son frère tué par Crichton (en fait un accident lors de l’arrivée soudaine de John dans la galaxie)

Composé de récit bouclés à chaque fin d’épisode lors de ses début Farscape narre donc l’errance sans fin d’un groupe d’individus disparate et n’ayant que très peu de chose en commun tentant d’échapper à leurs ennemis et essayant de retrouver leur foyer. De fait si Crichton est l’alien aux yeux de ces extra-terrestres, ils sont en fait tous l’étranger aux yeux des autres et la série va nous montrer comment peu à peu ces êtres vont devenir amis. Une recherche d’un fils, un moyen pour rentrer chez soi, le désir de trouver une paix intérieure ou bien encore la découvert de sentiment compassionnel envers les autres etc tels sont certains des arcs qui vont guider des personnages incarnés par des acteurs au naturel ou avec beaucoup de maquillages mais également totalement animés par le talents du studio Henson. On croit ainsi à Pilot et à Rygel comme on croyait à Yoda.

Autre force de la série, son aspect très cuir et sexe. Alors que le space-opera télévisuel est assez pudibond en la matière, Farscape n’y va pas par quatre chemin et nous montre des tenues chaudes et des personnages dont le désir suintent par tout les pores de la peau. L’histoire d’amour entre Crichton et Aeryn c’est pas des petits bisous dans le cou.

Enfin, peu à peu, Farscape développe un univers dense, introduit de nouveaux personnages remarquable et tisse un grand récit courant tout du long de la série. Si la première saison s’axe autour de la découverte d’un monde alien pour un humain considéré comme l’idiot du village par les autres et de la façon dont il va peu à peu s’acclimater et accepter ces changements sans devenir fou (notamment via un raccrochage à tout son univer pop-culturelle lui permettant de tenir face à tout ce qu’il voit et tout ce qui lui arrive), la donne change à la fin de celle-ci avec l’arrivée d’un des plus formidable méchant de l’histoire : Scorpius.

Avec ce dernier va se nouer les fils d’une intrigue autour de l’escalade militaire et de l’armement qui parcourra et conclura la série. Son duo avec Crichton va être l’occasion de multiples histoires où des concept de SF vont être utilisés à leur plein potentiel. Parce que c’est aussi cela Farscape, une série qui va utiliser le clonage, l’implant organique et le film Harvey pour l’élever au rang d’outil narratif prompte à offrir des récits fantastiques.

Annuler abruptement à la fin de la 4ème saison alors que les scénaristes pensaient conclure lors de la suivante, Farscape a tout de même pu avoir deux téléfilms concluant la grande saga des habitants de Moya. Trop oublié aujourd’hui, la série reste pourtant l’une des meilleures du genre de par son approche plus viscérale, son énergie et sa capacité d’innovation constante. Ne regardons toutefois pas le verre à moitié vide et terminons sur cet évident constat que sans Farscape, Les Gardiens de la Galaxie tels qu’ils existent aujourd’hui au cinéma n’aurait tout simplement pas vu le jour

 

This is your playground.

 

Si tu sais de quel moment provient cette phrase alors tu connais Farscape, si tu verses ta larme alors tu aimes Farscape





Série australien et américaine
Space Opéra
Créée par Rockne S. O’Bannon et Brian Henson
Avec Ben Browder, Claudia Black, Anthony Simcoe, Jonathan Hardy, Virginia Hey, Gigi Edgley, Wayne Pygram
Diffusée du 19/03/99 au 21/03/03 puis le 18/10/04 pour The Peacekeeper Wars