dimanche 18 septembre 2022

Arizona Junior - Joel et Ethan Coen

 


 

 

H.I. McDunnough, un malfrat de petite envergure, tombe amoureux et épousera Edwina, une policière travaillant dans la prison dans laquelle il est détenu lors d’une de ses nombreuses incarcérations. Après plusieurs tentatives de procréations, le couple apprend que la jeune femme est stérile. Elle tombe alors en dépression et démissionne de son poste tandis que son mari n’est guère plus heureux à son travail qu’à son foyer.

Lors d’un flash info, ils apprennent qu’un riche industriel et sa femme viennent d’avoir des quintuplés. Le couple McDunnough décide donc de kidnapper un de ces bébés pour l’élever comme leur propre fils.

 

 

C’est comme si les frangins avait voulu faire tout l’opposé de leur premier film. Une comédie déjantée au lieu d’un film noir, un récit très explicatif à la place d’une histoire jouant sur les non-dit, des méchants de cartoons et un rythme explosif à la suite d’un récit lent avec de vrais monstres.

Le tout donne un film passionnant et inspirant (j’apprends en lisant wiki qu’il est dans le top du duo Edgard Wright/Simon Pegg ce qui m’étonne guère tant le personnage de Shaun de Shaun of the dead semble être un descendant de celui de Hi) qui construit encore plus la mythologie de cet univers unique avec des thèmes, des acteurs et des personnages.

N’ayant pas encore vu les prochains films du duo, Arizona Junior sonne aussi pour moi comme le film le plus proche de ceux de Sam Raimi. Il y a des plans qui sonne clairement comme une réponse à leur copain mais même l’ambiance totalement cartoonesque fait de ce film le prolongement du trop oublié (et tellement grandiose) Mort sur le grill.

Au final un petit bijou, le deuxième, et maintenant je rentre dans l’inconnu.

 

 

 (texte initialement publié sur le forum Sanctuary le 13/01/20)

 

Le Grand Monde - Pierre Lemaitre

 


La famille PelletierTrois histoires d’amour, un lanceur d’alerte, une adolescente égarée, deux processions, Bouddha et Confucius, un journaliste ambitieux, une mort tragique, le chat Joseph, une épouse impossible, un sale trafic, une actrice incognito, une descente aux enfers, cet imbécile de Doueiri, un accent mystérieux, la postière de Lamberghem, grosse promotion sur le linge de maison, le retour du passé, un parfum d’exotisme, une passion soudaine et irrésistible.

Et quelques meurtres.

 
 
Dernier livre de Pierre Lemaître et premier livre d’une nouvelle saga. Après les années séparant les deux guerres mondiales, on se retrouve en 1948 entre Beyrouth, Paris et Saïgon pour suivre la vie de la famille Pelletier. Parents comme enfants. 
 
Roman passionnant qui nous fait suivre des vies et des enfants différents entre un benjamin à la recherche de son amour disparu, une fille entrant dans l’âge adulte, un cadet journaliste et un aîné qu’on aimerait apprécié mais c'est impossible tout cela donne lieu à une multitude d’intrigue et de ramification. Sans compter les parents. 
 
J’ai adoré, j'ai lu avec passion et encore plus lors d’une révélation finale qui m’a foutu un peu sur le cul tant je ne m’y attendais guère et tant cela nous fait voir les personnages sous un autre angle. 
 
Vivement la suite.
 

jeudi 15 septembre 2022

What we do in the Shadows - Saison 4

 



Guillermo ! The dodo did a doo-doo

 

Après un final brillant qui nous faisait assister à l’éclatement du groupe pour des projets personnels (Nadja qui intègre le cercle vampirique de Londres, Nandor et Guillermo :heart: décidant de partir en voyage à travers le monde) et la mort de Colin Robinson et sa résurrection, la saison 4 avait la lourde tâche de confirmer une certaine montée en puissance d’une comédie fantastique qui ne payait guère de mine au départ.

Si le premier épisode minimise les événements passés en effectuant un saut dans le temps d’un an et en faisant revenir tout le monde au bercail, il apparaît vite que ce choix, logique compte tenu du budget de la série, n’impactera pas la volonté de cette saison à être une sorte de transition dans laquelle chaque personnage va tenter de vivre pour soi. Le dépérissement de la maison est ainsi à la fois symbolique mais aussi pratique. Ainsi Nadja décide de créer et gérer sa boite de nuit avec un succès à la clé (même les véritables Sofia Coppola, Thomas Mars et Jim Jamursh la fréquente c’est dire) aidé par un Guillermo montrant de plus en plus son envie d’indépendance.

Sur la lancée de la troisième saison, Laslo continue son duo avec un Colin Robison métamorphosé. En effet en faisant de Colin un bébé qui va peu à peu grandir et atteindre l’age adulte à la fin de la saison, What we do in the shadows a l’audace de mettre de côté son personnage le plus emblématique. Fini le duo de pote, place à une relation père/fils assez jouissive dans tout ce qu’elle offre en scène et histoires savoureuses. Même si le « vrai » Colin nous manque, il faut saluer la performance de Mark Proksch (et des effets spéciaux) pour arriver à renouveler son personnage et tirer le meilleur de ses versions bébé, enfant et adolescent (qui ont toutes des manières uniques pour vous pomper l’énergie).

Mine de rien ce fil rouge qui courre toute la saison permet de lever le voile sur l’origine de Colin et symbolise très bien (avec également la maison qui s’offre une première tentative de rénovation le temps d’un épisode, l’occasion d’une parodie très drôle sur les émissions de construction) la phase de transition des autres personnages.

Assumé clairement depuis la saison 3, l’attirance entre Nandor et Guillermo est toutefois mise un peu de coté et non traité frontalement. Elle est en fait traité via les événements qui touchent le vampire et son familier. Ainsi le retour des épouses de Nandor et son mariage permettent d’appuyer le fait que l’inflexible est bel et bien attiré par le jeune chasseur. Lui de son côté tente de vivre sa vie, fait ses comings-out mais revient quand même à son désir premier: vouloir devenir un vampire (et se faire Nandor aussi hein, même s’il veut pas le dire)

Des guest-stars toujours sympa (Coppola & co donc mais aussi Fred Armisen, Anoop Desai ou les Sklar Brothers), des persos secondaires toujours excellent (Doug Jones, Nick Kroll, Anthony Atamanuik et surtout Kristen Schaal dont le personnage mériterait d’intégrer le casting principal) et toujours un Laslo chaleureux et pédant, une Nadja énervé et intelligente, un Guillermo désespéré et touchant, un Colin énervant et énervant et un Nandor tendrement ridicule, What we do in the shadows c’est toujours aussi bon. Et malgré un rythme en dents de scie, des épisodes pas forcément bien réussie (la résolution de l’épisode Go Flip Yourself), le tout est suffisamment brillant, offre des moments hilarant (l’entretien avec le directeur d’école, la grève des spectres, le mariage de Nandor, Nadja et Guillermo se faisant passer pour un couple auprès de la famille de Guillermo, la Colin-Cave etc.) pour avoir envie de voir la suite

Surtout avec un tel cliffhanger.