
1990 et j’ai eu 11 ans
Et on vient d’avoir un magnétoscope et une nouvelle télé ! Ho luxe
bourgeois je hurle ton nom. Mon petit frère est heureux parce qu’il peut
regarder en boucle la cassette du dessin animés des Tortues Ninja et
moi je vais enfin pouvoir enregistrer les films du mardi soir que je ne
peux pas regarder parce que mercredi matin il y a école (saloperie de
collège).
Et voila que va
être diffusé…S.O.S. Fantômes. Le film dont je pouvais voir des extraits
dans le clip de Ray Parker Jr ou dans le dessin animés Muppets Babies
(avoir un petit frère c’est faire ce genre de concessions à l’époque).
Du coup, ça y est on va enregistrer le film ! J’ai même le droit de
regarder le début et heureusement parce que ma mère ne se presse pas
trop et met la cassette 10 minutes après le début du film. Mieux, afin
de vérifier si ça marche, elle stoppe l’enregistrement, regarde si ça
fonctionne puis le remet en route. Heureusement que j’avais vu les
passages censurés par la naïveté maternelle parce qu’ensuite et pendant
des années je rererererererererererererere (oui autant que ça, pire qu’une gamine qui veut revoir La Reine des neiges pour la 317ème fois) rerererererererererere...revisionnerais le film de Reitman sans avoir le début et sans la scène où les casseurs de fantômes interrogent Dana.
Mais bon je m’en fout parce que le film est mortel. J’aime ce mélange
d’horreur et de comédie. J’adore Egon parce qu’il est intelligent et à
des lunettes (et pour un gus comme moi qui en porte depuis quatre ans
c’est vachement important), j’adore Ray parce qu’il est gentil et un peu
gros et j’adore Peter parce qu’il est trop et qu’il vanne tout le
temps. J’aime la musique, j’aime quand les casseurs de fantômes sont
acclamés par tout New-York, j’aime ces monstres et je veut bien passer
l’aspirateur dans la maison pour imaginer que j’ai un pack de protons.
Contrairement aux trois films précédents, je regarde encore très
régulièrement ce film (une fois par an je dirais). Il garde une aura
particulière à mes yeux bien sur mais même en tentant de le regarder
avec un regard plus détaché je ne peux qu’être admiratif devant
l’écriture et la réalisation donnant au film cette alchimie unique.

1988 et j’ai huit ou neuf ans
Pour avoir lu et relu la bd du film qui traînait dans ma bibliothèque
depuis quelques années, je connaissais déjà les aventure de Luke, Leïa
et Han Solo. Mais en fait non. Je ne les avait jamais vu en vrai dans un
film avec la musique de John Williams, avec le bruit des sabres lasers
et surtout avec tous ces vaisseaux qui se tirent dessus dans l’espace.
C’est dire à quels points je fus
hypnotisé devant ma télé. Parce que des aventures spatiales j’en ai déjà
vu avec Albator, le capitaine Flam et Cobra mais là on est à un niveau
supérieur. Je vogue dans les étoiles, je pilote le Faucon Millénium et
j’imite Luke avec son sabre laser. Le Retour du Jedi n'est pas le
meilleur de la saga mais il reste mon préféré
Quoi c’est déjà
fini ? Mais ? Mais ? Mais je veux le revoir maintenant ! Et comment je
fais ? J’ai pas de magnétoscope ! La solution ? Je vais avec un copain,
possédant le Graal sacré, louer la VHS du film et vais regarder le film
quatre fois tout le week-end chez lui. Impossible de ne pas le revoir
encore une fois. Je suis en manque et désormais il va falloir vraiment
que mes parents investissent dans un magnétoscope parce que je veux
revoir et voir plein de film et pas quand ils passent la télé. Ma
première visite dans un vidéoclub fut fatale.

1987* et j’ai neuf ans
Je suis en vacance chez mes grands parents et je me fais chier faut
bien avouer. J’ai pas encore chopper le goût de lire des romans et même
si je m’amuse dans les pâturages du Cantal, ça ne fait pas tout.
Heureusement il y a la télé et en ce jour férié, ils passent des films
l’après midi. Il y en a un qui m’intrigue c’est Alamo, dont le résumé
sur programme télé dis que c’est une
aventure de Davy Crockett. Hé mais je connais bien Davy Crockett, c’est
l’homme qui n’a jamais peur de rien d’après Douchka (mon amoureuse secrète) et j’aime bien ses aventures sur Disney Channel (même s’ils ont
remplacés Zorro pour ça). Mais, et je vais vite m’en rendre compte, je
n’avais pas vu tout les épisodes dont celui sur Alamo.
La
claque. J’en ai très peu de souvenir car je n’ai du revoir le film que
deux fois depuis (et le dernier visionnage date d’au moins vingt ans*)
mais ce qui m’a marqué alors et me reste toujours en mémoire c’est le
siège du fort. Ce petit nombre face à une vaste armée qui décide
d’affronter l’ennemi malgré l’issue fatale, cela pour faire gagner du
temps aux alliés. Ce combat perdu d’avance, cette résistance face à
l’ennemi et ce combat contre des vagues sans fin d’assaillants tout cela
conduisant à la mort des héros m’ont totalement marqué. C’est ce film
qui me fait adorer les histoires de siège parce que ce petit genre
permet d’avoir des situations exacerbée sur un petit laps de temps,
parce qu’il offre souvent des portraits de personnages intéressants qui
se révèle face à la mort et parce qu’il y a un effet de rétrécissement
progressive du champs d’action qui me fascine.
* bon j’avoue que j’ai plus la date en tête mais c’est dans ces eaux là
** et le pire c’est que j’ai le dvd dans mon étagère