lundi 14 novembre 2022

Il est blème son HLM - Les petits enfants du siècle


 



"Jo de Bagnolet " est née des allocations et d'un jour férié dont la matinée s'étirait, bienheureuse ". Dix enfants vont suivre, apportant en prime à leurs parents la machine à laver, le Frigidaire, la télé, la voiture et le prix Cognac ! Josyane les élèvera tous. Ses seules distractions : les courses et ses devoirs le soir, sur la table de la cuisine. Ses seuls amis, Nicolas, le petit frère qui comprend tout, et Guido, le maçon italien, né sur les collines. L'amour de Guido bouleverse la vie de Josyane, il en chasse toute la laideur et la bêtise. Christiane Rochefort fait ici un tableau criant de vérité des grands ensembles, de ces blocs illuminés la nuit, en plein ciel, si gris le jour, le béton cachant mal la pauvreté. Elle dit, admirablement et avec beaucoup d'humour, le mal de vivre à Bagnolet, à Sarcelles et autres lieux du même type, sans âme et sans arbres. Une oeuvre très forte du célèbre auteur du Repos du guerrier et des Stances à Sophie.

 

 

Curieuse relecture que celle-ci. De mémoire, j’avais du le lire au collège en 3ème mais c’était peut-être en seconde. Bon disons que j’avais 14/15 ans. J’avais été captivé par ce récit d’une enfance qui m’était totalement étrangère et naïf comme j’étais je pense que j’ai très peu calculé le caractère sordide et commercial de la sexualité. Je pense que cela fit partie de mes premiers contacts avec « la banlieu ». A relire aujourd’hui je suis beaucoup plus circonspect, il y a une certaine modernité dans le bouquin, non pas dans la description d’un lieu de béton ou de cette France des années 50/60 mais dans la manière dont tout se marchande même l’intime de manière totalement déconnecté des sentiments, cela afin d’asseoir un minimum de confort. 

 

 

D’un autre côté je ne peux pas m’empêcher d’y voir dans ce récit une sorte de vision fantasmée à la limite du mépris d’une classe bourgeoise sur la classe populaire et ouvrière et c’est le genre de chose qui me gêne toujours au entournure dans ce type de récit. Enfin il y a ce qui a vieilli (et pourtant je n’aime pas le terme), la description « idyllique » du premier rapport sexuel entre l’héroïne, 11 ans, et Guido (18, 20 ans ?) met forcément mal à l’aise aujourd’hui. sans savoir si c’est la vision du personnage qui voit que du bon dans ce qui nous apparaît aujourd’hui comme une agression sexuelle sur mineur, la vision de l’autrice qui débute ici une description d’une époque et milieu où le sexe apparaît comme une porte de sortie, un état d’esprit de l’époque qui ne trouve pas anormal qu’a 20 ans on se tape une gamine de 11 ans ou la triste logique du récit je dois bien dire que ça reste perturbant en soi.

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