jeudi 5 janvier 2023

Contes de Chevet 2022 - Bilan

 



125 romans, essais ou BD cette année.


Encore bien loin du nombre de mes années de chroniqueurs comics mais c’est quarante de plus que l’année dernière et ma magnifique période chômage partiel

Je m’étais lancé un projet en début d’année, celui de lire toute la série Hulk et comme toute bonne résolution, celle-ci a fait plouf après quelques semaines. D’autres lectures ont pris le dessus, notamment dans le cadre du podcast Le plein de Super. Tant pis, je n’oublie pas pour autant le géant vert et je continuerais tranquillement à lire ou relire ses aventures. Niveau roman il semble assez évident qu’entre Ellroy (Le Dahlia Noir), Lehanne (Ils vivent la nuit et Ce monde disparu), Miller (Sin City), Lemaitre (Travail Soigné et Alex), King (Mr Mercedes, Carnets Noirs et Fin de Ronde) et, surtout, McBain (les romans du 87ème District), je cultive un goût pour le policier.

Au chapitre des au-revoir, j’ai pu découvrir la fin de la Suicide Squad de John Ostrander (la meilleure, la seule, l’unique), de East of West de Jonathan Hickman et de Giant Days de John Allison

Au chapitre relecture, ce fut Calvin et Hobbes de Bill Waterson dans une édition au format italien, proposant les strips dans l’ordre chronologique et avec les planches originalement en couleurs. Dire que ce fut un délice serait superflu





Et sinon :


  • Eric Powell m’enchante et me fait toujours aussi flipper. Sa biographie Ed Gein avec Harold Schechter est une merveille
  • Le DC récent semble avoir quelques tressautement de qualité. Je suis heureux de lire une série récente de super-slips qui m’enchante avec Nightwing de Tom Taylor
  • Parce qu’il faut bien le dire franchement, les vieux c’est mieux et cette année fut un régal avec American Flagg d’Howard Chaykin, Nexus, Lone Wolf & Cub ou bien encore Animal Man de Grant Morrison. Quatre exemples de BD dont une seule planche surpasse toute la production US actuelle
  • La perle française de la redécouverte, c’est le magnifique M Tendre de Gégé.
  • Le commissariat du 87ème District est décidément un endroit passionnant. Je me plonge toujours sans retenue dans les histoires de McBain et je reste fasciné par la poésie qu’il se dégage de ces romans de gare. Surtout chaque page m’interpelle quand à leurs influences sur Hill Street Blues et, par extension, sur l’ensemble de la série télé US.
  • Enfin en terme de non-fiction, si j’ai beaucoup aimé le livre consacré aux Wachowski par l’équipe de M Bobine, c’est surtout le livre Mad Max – Ultraviolence au cinéma partie I qui m’a totalement captivé. Une somme monstrueuse d’information sur le film et sur le cinéma australien en général. Purée que j’ai hâte d’avoir le prochain opus consacré à Mad Max II


Pour 2023 ? On va continuer d’arpenter les rues d’Isola, d’Astro City et celles de Perdido, on va découvrir Steinbeck et ses raisins de la colère et surtout espérer que le lecteur français de comics deviennent moins con et soutiennent suffisamment la parution des épisodes de Superman de John Byrne. 

 


 

mercredi 4 janvier 2023

The Light Explorers Returns

 



Cela devient une tradition. Il me faut attendre la fin de l’année pour lire la meilleure histoire de super-héros de l’année. Le plaisir fut d’autant plus grand que je ne suis pas a proprement parler un amateur du travail d’Alex Ross. En fait c’est pas vraiment ça. J’adore Marvels (merci aussi à Kurt Busiek), j’adore Kingdom Come (merci aussi à Mark Waid) et j’ai été bluffé par certains idées et moment d’Earth X mais j’irais pas acheter automatiquement une BD écrit ou dessiné par lui.

C’est que le travail d’Alex Ross c’est un peu le summum d’un truc que je n’aime pas dans le milieu des lecteurs de comic à savoir la mise en valeur de la belle image pleine page. Alors oui c’est beau mais un bon dessinateur se juge aussi (et surtout, en ce qui me concerne) à sa manière de raconter une histoire, à construire un récit et un rythme au sein d’une planche. Limiter un dessinateur à ses couvertures ou dessin pleine page, ça me gonfle parce que je pense que c’est une approche qui participe à la qualité affligeante du comic de super-héros (ou du comic tout court) actuellement. La belle image plutôt que le sens du récit.

Enfin bref tout cela pour dire qu’avec Fantastic Four : Full Circle, Ross (me) rappelle que s’il est un des meilleurs c’est pas pour une jolie fresque de super-héros qui prennent la pose mais parce qu’il sait dessiner un récit avec plus de trois cases par planches.

Et punaise quel récit !On dirait un nouvel album Lug des Quatre Fantastiques. C’est d’ailleurs une sorte de suite à quelques-unes des meilleures histoires de Lee et Kirby avec une influence de Neal Adams qui sied parfaitement. En fait, on va faire simple, on dirait le Dark Knight Returns de Marvel. Une démonstration magistrale par un connaisseur de ce que c’est l’univers Marvel et de ce qu’il faut faire pour refaire des bonnes histoires. Ça parle du passé, ça restitue les héros dans leur noblesse et ça donne plein d’idée et de piste pour l’avenir.

C’est un chef d’œuvre.

dimanche 25 décembre 2022

Le Père Noël est dans les ordures

 


Il y a les films de Noël
Et il y a LE film de Noël

Le sapin à les boules (on appréciera la finesse du titre français) est le troisième film de la franchise National Lampoon’s Vacation, une série composée de cinq films (quatre entre 1983 et 1997 et un cinquième en 2015 mettant en scène le fils Griswold), d’un spin-off (centrée sur le cousin Eddie) et d’une série télé produite par Johnny Galecki mais restée dans les limbes de la production. Initialement il s’agit d’une nouvelle écrite par John Hughes pour la magazine National Lampoon (Vacation '58) racontant un voyage en voiture avec sa famille pour se rendre à Disneyland. Écrite en 1979, la nouvelle devient un film en 1983 réalisé par Harold Ramis et avec le duo Chavy Chase/Beverly D’angelo dans le rôle de Clark et Ellen Griswold. Devant le succès de ce road movie déluré dans lequel un homme veut a tout prix offrir les vacances parfaites pour resserrer les liens de sa famille, la suite (National Lampoon’s European Vacation) est mise en chantier et rencontre un même succès.

Et donc, fatalement, une autre suite est lancée : Le sapin à les boules (non mais vraiment j’aime ce titre)

Si Ramis n’est plus le réalisateur, Hughues est toujours à la barre non seulement en tant que scénariste mais également en tant que producteur. Initialement envisagé comme réalisateur, Chris Colombus cède sa place à Jeremiah S. Chechik pour cause de mésentente (pour le dire poliment) avec Chevy Chase. Il n’y perd pas au change puisqu’il y gagne un script que Hugues vient d’écrire et qui deviendra Home Alone (Maman j’ai raté l’avion).

Justement en parlant de ce futur succès il faut signaler que beaucoup d’œuvres de Hugues (écrite et/ou réaliser) se déroulent dans un milieu similaire, celui d’une famille aisée vivant en banlieue pavillonnaire, qu’il connait bien, c’est celui dans lequel il a vécu. La famille McCallister d’Home Alone est ainsi la copie confirme des Griswold. Enfin presque conforme puisqu’il n’ont pas un père devenant totalement dingue à l’approche de Noël.

 


 

Noël justement…

Contrairement aux précédentes vacances, les Griswold restent chez eux et vont fêter Noël en famille. Enfin avec la famille élargie puisque les grands-parents sont là ainsi qu’oncle Lewis et tante Bethany. Pour le psychorigide de la perfection afin de retrouver l’esprit de Noël qu’est Clark, cela va être l’occasion d’un séjour parfait qui ne l’est pas dès la première scène dans laquelle Clark décide d’emmener toute la famille en forêt pour couper le sapin. Une aventure qui donne le ton puisque la famille évite l’accident de la route de justesse et repart avec un sapin énorme qui ne détruit toutes les fenêtres du salon.

Le reste du film est ainsi : Clark veut avoir la maison la plus décoré du quartier et se retrouve accroché à la gouttière, manque de tuer ses voisins yuppie et évite de justesse de provoquer un black-out de la ville entière ; Clark part faire de la luge avec un équipement au top de la technique et dévale la piste encore plus rapide que le road-runner ; Clark veut caché le cadeau pour sa femme et se retrouve enfermé dans le grenier etc.

 

 


Bien sur tout n’est pas que de la faute de ce pauvre père de famille. On peut ainsi compter sur le cousin Eddie et sa tribu qui débarquent du fin fond de la cambrousse dans le camping-car crasseux. L’occasion alors de déverser les eaux usées de ce dernier dans les égouts ou de bien trop cuire une dinde. Rajouter à cela l’attente de la grosse prime annuelle de sa société afin de combler une avance pour la construction du piscine et vous comprendrez pourquoi ce Noël devient de plus en plus taré pour se conclure par un assaut des forces de polices suite à une tentative d’enlèvement du patron de Clark.

 

 


Le sapin à les boules c’est l’expression du stress du Noël parfait poussé à son maximum. Clark Griswold veut tellement bien faire, tellement retrouvé la perfection (fantasmée) de son enfance qu’il ne reculera devient rien et causera les pires catastrophes malgré les meilleures intentions du monde (mais quand même porté par une mauvaise foi et vanité assez poussée). Le film alterne les gags visuelles à bases de chute et de coup sur la tronche avec des répliques et vannes d’un humour assez vache (« I had a lot of help from Jack Daniels »). Ne connaissant aucun baisse de rythme, le film est portée par une pléiade d’acteur et actrices parmi lesquelles Randy Quaid (cousin Eddie) parfait en beauf gentil mais parasite, Julia Louis-Dreyfus (Margo Chester, la voisine), le jeune Johnny Galecki (Russel Griswold le fils de la famille), Juliette Lewis (Audrey Griswold l’ainée) ou bien encore Brian Doyle-Murray toujours parfait pour incarner un patron connard. Mais c’est bien sur le tandem Bervely D’angelo/Chevy Chase qui porte le film en incarnant le couple Griswold. Le calme incarnée de D’angelo mettant encore plus en valeur la folie d’un Chevy Chase qui trouve ici un de ses meilleurs rôle.

« Our Father, who art in Heaven. Hallowed by thy name. And forgive my husband, he knows not what he does. »

 

 


 

 

Comédie
Long métrage américain
Scénario : John Hugues
Réalisation : Jeremiah S. Chechik
Avec Chevy Chase, Beverly D’angelo, Randy Quaid
Titre original : National Lampoon’s Christmas Vacation
Année de production : 1989